M. André Léchot a passé les quarante dernières années à restaurer des outils d’horlogerie antique et vintage qui auraient autrement été négligés ou détruits. Son but était et reste la préservation de cette partie de l'histoire de l'horlogerie. Des exemples de ce travail d'amour peuvent être trouvés ici.


1. Décrivez brièvement votre enfance.

J’ai toujours vécu dans notre beau village d’Orvin où j’ai passé une enfance heureuse. Je n’aimais pas l’école, ce qui fait que dès l’instant où je sortais de la classe, j’allais chez mon oncle qui avait une ferme. Là, j’étais bien. A l’âge de 8-10 ans j’ai vécu ma première activité en tant qu’indépendant. J’avais reçu à Noël une pièce de 5 francs et j’ai pu m’acheter un lapin, une femelle portante. J’ai fabriqué moi-même des cages à lapin, avec des caisses que ma maman recevait pour son magasin, une des épiceries du village. Finalement j’avais une trentaine de lapins que je revendais. Quand je n’en avais pas assez, j’allais dans les fermes aux Prés-d’Orvin en acheter, et je les revendais le même jour, principalement à Evilard où j’avais une clientèle fidèle. Je gagnais 50 centimes par lapin.

 

2. En tant qu’enfant, quelles étaient vos ambitions?

Je voulais devenir le plus vite possible indépendant.

 

3. Enfant, quel est votre souvenir le plus marquant?

La solidarité et l’entraide entre les habitants du village étaient fréquentes. Un exemple: mon grand-papa a acheté une auto, c’était une des premières dans le village. De temps en temps, mon grand-papa descendait à Bienne avec sa fille pour acheter des produits qu’elle allait revendre dans son magasin à Orvin. Avant de partir, elle téléphonait à la “Petite Marie” qui était une concurrente dans le village, et elle lui demandait si elle avait besoin de quelques produits pour vendre dans son épicerie.

 

4. Avez-vous dĂ©jĂ  eu un autre mĂ©tier?          

J’ai fait un apprentissage de mécanicien faiseur d’étampes. Six mois après la fin de mon apprentissage j’ai décidé de devenir indépendant. J’ai déposé mon premier brevet et j’ai fabriqué un ravitailleur pour les décolleteuses. Ce produit m’a valu un succès important mais aussi pas mal de difficultés avec un grand fabricant de décolleteuses qui a vu arriver un concurrent susceptible de lui prendre de grandes parts de marché. Cela a été le cas: ma petite entreprise a donné naissance à LNS qui est maintenant implantée dans le monde entier. Ensuite je me suis orienté vers le médical, principalement dans le domaine de l’orthopédie. Cette nouvelle entreprise s’est développée très rapidement grâce à Dieu qui m’a donné de nouvelles idées pour réaliser des produits qui ont été protégés par environ 50 brevets. J’avais un petit atelier à domicile pour construire les prototypes de ces nouvelles inventions. Aujourd’hui cet atelier me sert à rénover et remettre en valeur d’anciennes machines utilisées dans l’horlogerie pour construire des montres mécaniques.

 

5. Qu’est-ce qui vous a fait choisir d’aller dans le sens que vous avez choisi?

Je voyais ma maman heureuse dans son épicerie. On trouvait de tout dans ce magasin, ce qui rendait un grand service à la clientèle du village. Mon papa avait un petit atelier de décolletage: c’était un “artiste heureux” dans son atelier, qu’il ne voulait pas agrandir (il aurait pu le faire, car il avait lui aussi de très bonnes idées). De voir mes deux parents indépendants et heureux m’a donné envie de devenir moi aussi indépendant.

 

6. Quel est le pire travail que vous avez eu Ă  faire?

Aller à l’école.

 

7. Quel a été le moment le plus difficile jusqu'à présent dans votre vie?

C’était le procès qu’un grand fabricant de décolleteuses m’a fait avec le seul but de m’éliminer au démarrage de mon entreprise. Cela a duré 4 ans. Devant le Tribunal de commerce à Berne, ce grand fabricant a dû reconnaître que mon brevet était valable. Cela a été une période très difficile à vivre: j’en profite pour remercier ma famille qui m’a toujours soutenu et encouragé.

 

8. Qui a eu la plus forte influence sur vous?

Ma famille, et des amis chrétiens, notamment un descendant de la dynastie de Léopold Robert - le peintre Paul-André Robert, naturaliste croyant - qui accueillait chaque dimanche soir une trentaine d’enfants du village. Nous montions à pied au Jorat, et il y avait un culte, parfois dehors. Paul-André Robert aimait beaucoup nous parler de la nature et de la Bible.

 

9. De quoi ĂŞtes-vous le plus fier?

De ce don merveilleux reçu de Dieu qui m’a permis de développer des produits innovants. Cela m’a donné la possibilité d’offrir du travail à beaucoup de personnes, dans mon village d’Orvin, puis ailleurs en Suisse et à l’étranger.

 

10. Quels conseils donneriez-vous Ă  un jeune de 20 ans qui pense Ă  prendre un chemin semblable au votre?

De commencer le plus vite possible à faire ce qu’il aime faire, avec l’objectif de devenir indépendant.

 

11. Citez trois choses de votre “bucket list” (les choses que vous voudriez faire avant de mourir).

Aider ma famille, témoigner de ma foi chrétienne, et distribuer mes petites brochures dans lesquelles je présente mon vécu en rapport avec la prière, Dieu et la Bible.

 

12. Comment voyez-vous l’industrie horlogère dans 10 ans?

Je n’ai jamais vraiment travaillé dans l’horlogerie, mais je pense qu’une très belle montre mécanique, personnalisée et d’un certain prix, constituera encore dans dix ans un véritable bijou pour la personne qui la portera. Les montres connectées seront sans doute également de plus en plus importantes à l’avenir.


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