Vianney Halter est membre de l'AHCI et fait partie d'une génération qui a rompu avec le design traditionnel en présentant une approche nouvelle de l'horlogerie.


1. Quel était la profession de votre père, votre mère? Décrivez brièvement votre enfance.

Mon père était chauffeur et conducteur de train ; il a connu les locomotives à vapeur ! Ma mère était mère au foyer, très dynamique et créative dans de multiples activités manuelles. J’ai vécu mes premières années à Argenteuil, une petite ville proche de Paris. Mes parents ont ensuite déménagé en banlieue ouest -parisienne, à Limay, à une soixantaine de km de Paris, j’avais alors 8 ans. J’ai passé les années suivantes à parcourir la campagne environnante, qui était en plein changement, parsemée d’usines et de carrières qui étaient en train de prendre le pas sur le monde agricole de la deuxième moitié du XXe siècle. Dans cet univers en phase de changement, je passais le plus clair de mon temps seul, évoluant dans le cet environnement de recyclage technique et technologique.

2. Enfant, aviez-vous une ambition particulière ? Que vouliez-vous faire?

Mon leitmotiv était de fabriquer des machines, et à cet âge-là ça signifie surtout de les démonter !

3. Quel est votre premier souvenir d’enfant?

Un tracteur en plastique transparent dans lequel s’animaient des engrenages de couleur quand on le faisait rouler.

4. Avez-vous exercé une autre profession ? laquelle?

Non, j’ai toujours été horloger.

5. Qu’est-ce qui vous a fait choisir le métier d’horloger ? Pour qui avez-vous travaillé dans le

passé ? Qu’est-ce qui vous a décidé à choisir votre voie ?

Ce métier a toujours été une évidence pour moi, du plus loin que je me souvienne. J’ai toujours été attiré par la mécanique, mon père rapportait des objets techniques et/ou mécaniques à la maison ; ma fascination pour les techniques vient probablement de là. A 14 ans j’ai donc pris le train seul pour Paris pour rencontrer le directeur de l’école d’horlogerie et lui exposer ma motivation : une dérogation était en effet nécessaire pour être accepté au sein de son école, l’admission étant réservée aux plus de 15 ans.

A Paris j’ai tout d’abord travaillé pour un horloger restaurateur de pendules anciennes, puis un autre restaurateur, de montres anciennes cette fois. Rapidement je me suis installé à mon compte à Paris, à 20 ans. Après mon arrivée en Suisse, à la fin des années 80, j’ai travaillé chez THA, avec FP Journe et Denis Flageollet, entre autres, puis j’ai travaillé avec François Junod sur des projets d’automates. A partir de 1994, je m’installe à nouveau à mon compte, en Suisse cette fois. J’ai alors travaillé sur des pièces pour pour Franck Muller, Jaquet-Droz, Audemars Piguet, Mauboussin, … En 1998 je présente ma première montre portant mon nom lors de la Foire de Bâle (avant qu’elle ne soit rebaptisée Baselworld). Cette création était parallèle aux collaborations avec des entreprises telles que Goldpfeil, Harry Winston, Breguet, Zenith...

Cette voie professionnelle vient de ma volonté d’être libre et indépendant.

6. Quel a été votre pire job ?

Je n’ai jamais eu de mauvaise expérience, je ne me souviens donc pas d’un job insupportable.

7. Quel a été le moment le plus difficile dans votre vie, et comment l’avez-vous surmonté ?

Ce fut durant mes années d’école horlogère, car je devais passer 5 heures par jour dans les transports en commun. J’ai surmonté cela grâce à la lecture. Cette expérience conduisit à la décision incontournable de ne plus jamais vivre à plus de 30 minutes de trajet de mon travail.

8. Qui a eu la plus forte influence sur vous? Quelles sont vos plus grandes inspirations?

Je n’ai pas été influencé par une personne en particulier, mais plutôt par l’histoire et la vie de l’Humanité, dans sa capacité à rêver et à réaliser ces derniers.

Par conséquent, mes inspirations sont issues des réalisations techniques humaines, et de la science-fiction qui est une vision de ce que l’on pourrait imaginer pour le futur de cette Humanité.

9. De quoi êtes-vous le plus fier?

D’avoir conservé jusque-là mes convictions, mes rêves et mon indépendance.

10. Quels conseils donneriez-vous à un jeune de 20 ans qui désire suivre une voie semblable à la vôtre ?

« Choisis un véhicule bien équipé en airbags! »...

J’aurais le devoir de l’avertir sur la quantité d’énergie qu’il devra déployer pour peut-être ne pas aboutir. Mais Je ne peux que soutenir les volontés et les initiatives individuelles, par lesquelles apparaissent de la réelle nouveauté.

11. Nommez trois choses que vous aimeriez accomplir ?

-travailler moins

-passer plus de temps avec mes proches

-si accomplir, c’est réaliser une idée ou un rêve, j’aimerais voyager dans l’espace.

12. Où pensez-vous que l’industrie va être dans 10 ans?

Je n’ai pas de vision particulière sur l’industrie, car celle-ci évolue dans un monde qui n’est pas le mien.


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